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L'Acadie Nouvelle, Actualités, samedi, 24 juillet 2010, p. 3
Dupuis, Justin

DIEPPE - Une étude annuelle de l'Institut canadien d'information sur la santé montre que le Nouveau-Brunswick est parmi les provinces canadiennes qui effectuent le plus souvent les tests diagnostiques comme les examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) et de tomodensitométrie. Bien qu'il soit clair que la province soit un chef de file dans ce domaine, il est moins évident de savoir s'il s'agit d'une bonne nouvelle.

En 2009, le Nouveau-Brunswick a fait appel à ce genre d'examen deux fois plus souvent que l'Île-du-Prince-Edouard et Terre-Neuve-et-Labrador.

Du côté de l'IRM, la province en a utilisé 24 % plus par 1000 habitants que la moyenne nationale. Au chapitre de la tomodensitométrie (TDM), le nombre d'examens par 1000 habitants était près de 40 % plus élevé que la moyenne canadienne.

"Le premier constat c'est que le nombre d'examens varie beaucoup d'une province à l'autre", note Francine Anne Roy, directrice des informations sur les ressources de santé à l'Institut canadien d'information sur la santé.

Puisque les examens d'imagerie médicale, comme l'IRM et la TDM, sont de puissants outils afin de pouvoir identifier diverses maladies à des stades précoces, plusieurs, comme Madeleine Dubé, députée conservateur d'Edmundston-Saint-Basile, se réjouissent des résultats de l'analyse.

"L'étude montre bien que nous sommes sur la bonne voie de vouloir équiper nos régions du meilleur équipement possible, a-t-elle dit au journal. C'est dans le meilleur intérêt des citoyens."

Pourtant, la question se pose de savoir si plus d'imagerie diagnostique correspond véritablement à des soins de meilleure qualité? Le jeu en vaut-il la chandelle? Après tout, si tel était le cas, il serait logique de penser que la majorité des provinces tenteraient d'imiter le N.-B. à ce chapitre.

Mme Roy se garde bien de l'affirmer.
"Nous ne le savons pas. Il y a effectivement un besoin pour plus de recherches de ce côté", dit Mme Roy.

Contacté par le représentant de L'Acadie NOUVELLE, le Réseau de santé Vitalité a affirmé qu'aucun porte-parole n'était disponible afin d'expliquer cette tendance.

Le Réseau de santé Horizon a pour sa part préféré renvoyer la balle au ministère de la Santé qui a refusé à son tour de répondre aux questions du journal à ce chapitre sous prétexte qu'il n'avait pas eu suffisamment de temps afin d'analyser le document de neuf pages.

Gilles Vienneau, directeur général de la Société Santé et Mieux-être en français du Nouveau-Brunswick, considère toutefois que cette question mérite d'être posée.

"Nous sommes certainement en droit de nous demander si nous faisons une utilisation adéquate de ces analyses, affirme M. Vienneau. Il devrait y avoir des standards. Il en existe bien lorsque vient le temps de déterminer les circonstances qui justifient la construction d'un hôpital, donc il me semble qu'il devrait aussi en avoir pour la gestion d'instruments sophistiqués comme l'imagerie médicale."

Madeleine Dubé juge pour sa part que nous "n'avons pas à questionner la manière" dont les professionnels de la santé utilisent ces appareils et qu'il vaut mieux se fier à leur jugement et leur expertise.

Bien qu'il reconnaisse que l'imagerie médicale est devenue incontournable afin de procéder à certains diagnostics, Gilles Vienneau s'inquiète que les Néo-Brunswickois ont peut-être parfois tendance à fonder une trop grande importance dans ce genre d'outils à la fine pointe de la technologie.

"Nous avons souvent l'impression que sa performance (du système de santé) dépend du nombre d'appareils qu'il y a dans l'hôpital (et sa fréquence d'utilisation). C'est bien les machines, mais qu'est-ce qu'on fait de l'éducation et de la prévention en santé où nous dépensons de microscopiques montants d'argent afin de faire en sorte que les gens restent en santé?", se demande-t-il.

M. Vienneau dit craindre que la santé ne soit devenue un dossier trop politisé puisque les enjeux y étant associés font et défont les gouvernements.

Même si son parti a promis d'équiper les hôpitaux du nord de la province avec des appareils IRM aussi performants que ceux du Sud, Mme Dubé assure que les craintes de Gilles Vienneau sont infondées.

"Nos réactions sont fortes, mais elles se justifient si nous voulons que tous les citoyens aient un système de santé équitable, peu importe où ils résident", dit-elle.

© 2010 L'Acadie Nouvelle. Tous droits réservés

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Avr 28, 2017 | Nouvelles
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Le Programme de reconnaissance des compétences organisationnelles est un processus en plusieurs étapes qui permet d’évaluer la qualité des services linguistiquement adaptés chez les prestataires de services de santé. Le nouveau programme comprend les Normes de communication en situation de langue minoritaire.
Ces nouvelles normes, parrainées par la SSF et élaborées dans le cadre d’un processus de conception conjointe avec HSO, visent à assurer aux groupes minoritaires de langues officielles, comme les Canadiens français et les communautés acadiennes minoritaires, l’accès à des services linguistiquement adaptés dans l’ensemble du continuum de soins.
Les normes traiteront aussi de la structure et des processus organisationnels requis aux niveaux de la gouvernance et de la direction pour favoriser et assurer une communication efficace : planification des services, collecte de données, élaboration de politiques et de procédures, ressources suffisantes, perfectionnement et formation du personnel.

Les normes seront structurées en fonction des principaux endroits de prestation des soins où une communication efficace est essentielle pour offrir des services de santé sécuritaires et de haute qualité. Elles évalueront la qualité des services linguistiquement adaptés offerts par les prestataires de services de santé au Canada et partout dans le monde. Cela comprend l’admission, l’évaluation, le traitement, la fin de vie, le congé et le transfert des soins.

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