header secondaire general
Actualités, mercredi, 1 décembre, 2010
par Renée-Claude Poirier

La Société Santé et Mieux-être en français du Nouveau-Brunswick (SSMEFNB) a annoncé une contribution fédérale de 1 955 514 $ pour le financement de dix projets qui permettront d'améliorer l'accès aux services de santé et de mieux-être en français pour le Nouveau-Brunswick.

Selon les résultats de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes de 2003, 66% de la population francophone de plus de 16 ans du Nouveau-Brunswick ne semble pas atteindre le degré nécessaire d'alphabétisme. Du côté anglophone, seulement 50% des citoyens néo-brunswickois sont dit analphabètes, soit 16% de moins que la population francophone. L'analphabétisme chez les francophones diminue entre-autres leur compréhension des recommandations faites par leurs médecins.

Il est bien important de différencier les mots alphabétisme et alphabétisation, deux mots venant de la même famille, mais qui n'ont pas la même définition. L'alphabétisation découle de la capacité de lire et d'écrire, tandis que l'alphabétisme se défini par la compréhension et l'utilisation des informations. Dans le domaine de la santé, l'analphabétisme chez un patient peut être très nuisible, si celui-ci ne comprend pas comment il doit prendre ses médicaments ou n'a pas capté certaines informations importantes lors de son examen médical.

Le diabète, l'hypertension, les maladies cardiaques et l'asthme sont des exemples de maladies chroniques où un patient analphabète pourrait avoir de la difficulté à comprendre les risques liés à son trouble de santé. De nombreux chercheurs expliquent également certaines autres difficultés qui peuvent influencer leur état de santé. Le manque de participation à la vie communautaire et à des programmes d'auto-prise en charge de santé est très commun chez les personnes analphabètes. Cet « isolement » est souvent causé par un manque de confiance ainsi que certaines difficultés d'adaptation. Il est également prouvé qu'en général, les habitudes d'alimentation, d'activité physique et de tabagisme ont un impact moins favorable à la santé d'une personne se situant sous le niveau minimal d'alphabétisation.

Ce qui est le plus problématique dans cette situation, c'est que la majorité des spécialistes de la santé ignorent les troubles de compréhension de leurs patients. En 2007, une recherche menée par Kelly et Haidet aux États-Unis expliquait que les médecins travaillant en pratique familiale depuis près de 15 ans ne sont souvent pas au courant du niveau d'alphabétisation de leurs patients. Ils sont également portés à surestimer le degré de compréhension de ceux-ci. Cette recherche affirme également que les clients appartenant à des milieux minoritaires, comme les francophones au Nouveau-Brunswick, sont les plus touchés par cet enjeu.

Le projet « Informer, former et apprendre à communiquer avec la clientèle francophone, peu ou pas alphabétisée, du Nouveau-Brunswick » du Secteur de sciences infirmières de l'Université de Moncton, Campus de Shippagan, site de Bathurst, dirigé par la professeure Nathalie Boivin, fait partie des 10 projets financés par la SSMEFNB.

Étant une personne très dévouée à son travail, Madame Boivin travaille à la thématique de l'alphabétisation depuis 2003. Elle a également réalisé une campagne médiatique intitulée « C'est quoi ton truc ». Le but de cette campagne était de partager quelques trucs qui contribueraient à l'amélioration de leur santé. Elle a également mené quelques recherches afin d'améliorer la compréhension de la clientèle analphabète. Son projet actuel promet de grandement améliorer la situation.

Boivin affirme que son projet comporte trois grands objectifs. Elle les explique comme suit : « Premièrement, informer et conscientiser les professionnels de la santé, les formateurs de professionnels de la santé et les futurs professionnels de la santé de l'ampleur de la situation et des effets directs et indirects de l'analphabétisme pour la population francophone du Nouveau-Brunswick. Ensuite, habileter ceux-ci à dépister l'analphabétisme chez leurs clients, pour ensuite les outiller à communiquer de façon à être clairs et compris de leurs clients. »

Voici les changements qui, selon la professeur Nathalie Boivin, devraient refléter des objectifs visés par son projet : « Une formation (alphabétisme en matière de santé) autoportante et accessible sur l'internet. Des professionnels de la santé (actuels, futurs et leurs formateurs) aguerris à la réalité de l'analphabétisme en matière de santé, outillés pour le dépister chez leurs clients et pouvant communiquer d'une façon habilitante pour cette clientèle. Des populations, acadiennes et francophones, peu ou pas alphabétisées et aînées, qui comprennent les informations qui leur sont transmises par les intervenants du secteur de la santé, qui jouissent d'un accès amélioré aux services offerts et qui prennent une part plus active à la prise en charge de leur santé et à la gestion de leurs maladies chroniques. »

En vedette...

Nouvel outil: Guide santé pour les nouveaux arrivants au Nouveau-Brunswick

Le Réseau-action Organisation des services a travaillé depuis plusieurs années à la création d'un Guide santé pour les nouveaux arrivants, d'abord en recensant les outils existants et en analysant le contenu de ces outils.  Cet exercice a permis d’identifier le besoin de créer un outil qui faciliterait la compréhension et la navigation du système de santé chez les nouveaux arrivants de la province.
Lire la suite...

La santé en français dans l'actualité

Développement d'une norme linguistique pour l'Agrément des établissements de santé au Canada

L’Organisation de normes en santé et la Société Santé en français mettent au point un programme de reconnaissance et des normes de communication en situation de langue minoritaire

Avr 28, 2017 | Nouvelles
HSO + SSF  Le 28 avril 2017 (Ottawa) – L’Organisation de normes en santé (HSO) et la Société Santé en français (SSF) ont annoncé leur collaboration en vue de la création du Programme de reconnaissance des compétences organisationnelles et des Normes de communication en situation de langue minoritaire pour évaluer la qualité des services linguistiquement adaptés chez les prestataires de services de santé.

Le Programme de reconnaissance des compétences organisationnelles est un processus en plusieurs étapes qui permet d’évaluer la qualité des services linguistiquement adaptés chez les prestataires de services de santé. Le nouveau programme comprend les Normes de communication en situation de langue minoritaire.
Ces nouvelles normes, parrainées par la SSF et élaborées dans le cadre d’un processus de conception conjointe avec HSO, visent à assurer aux groupes minoritaires de langues officielles, comme les Canadiens français et les communautés acadiennes minoritaires, l’accès à des services linguistiquement adaptés dans l’ensemble du continuum de soins.
Les normes traiteront aussi de la structure et des processus organisationnels requis aux niveaux de la gouvernance et de la direction pour favoriser et assurer une communication efficace : planification des services, collecte de données, élaboration de politiques et de procédures, ressources suffisantes, perfectionnement et formation du personnel.

Les normes seront structurées en fonction des principaux endroits de prestation des soins où une communication efficace est essentielle pour offrir des services de santé sécuritaires et de haute qualité. Elles évalueront la qualité des services linguistiquement adaptés offerts par les prestataires de services de santé au Canada et partout dans le monde. Cela comprend l’admission, l’évaluation, le traitement, la fin de vie, le congé et le transfert des soins.

Lire la suite...